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Pour les tanbouyés d’Europe,
le soleil estival est un allié qui accorde une plus grande
permissivité à son instrument, avec Fête de la
Musique, carnavals et festivals de rues ici et là. Gagner ce
droit d’expression n’est jamais totalement acquis comme
on le vit l’an dernier à La Villette. A sa façon,
Syncope célèbre cette liberté de jouer en présentant
un tanbouyé haïtien, deux cent ans pile après la
première victoire sur l’esclavage.
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Atissou Loko : countryman urbain
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A l'heure où Paris vient
d'accueillir un festival dédié à Haiti, Syncope
a souhaité rencontrer un tanbouyé de 33 ans : Atissou
qui réside et surtout crée à Paris ; un travail
au sein d'Adjabel, un duo qu’il compose avec sa femme Mariame,
guitariste et soliste. L'homme est controversé. Sa liberté
de parole fait grincer des dents et il s'en amuse. Par contre, sa frappe
est reconnue par tous et c'est l'un des tous meilleurs joueurs de tanbou
haitiens
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Ecouter
: Le
blues de l'étrangère de France
et Solo
extrait de CD "Origines" Créon music 2004. Distrib.Emi
music
La musique rasin' et le mouvement Sanba
Le tambour est toujours très
vivant en Haïti tant en province qu'à Port-au-Prince (POP),
"une ville remplie de virtuoses
; pas nécessairement les meilleurs pour faire tomber les lwa
! (inviter les esprits dans les cérémonies vodou) ". Dans un pays où, même si elle
est payée, l'électricité n'est pas garantie,
le tanbou est l'incontournable instrument. D'abord liée au
monde paysan, la culture tanbou a connu son regain d'intérêt
au début des années 80 à POP avec le Mouvman
Sanmba : "un mouvement de personnes lassées du Konpa
*, qui voulaient quelque
chose de plus traditionnel. C'étaient des Port-aux-Princiens
qui se rendaient aux Gonaïves ( ville du nord ) pour apprendre
ou réapprendre le tanbour " d'où émergeront des groupes
comme Koudjay, Boukman
Esperyans, Mapou de Azor. Comme
le vodou, la mizik rasin' s'appuie sur le chant et trois tambours
que sont le Manman, tambour basse (le plus ardu car celui qui appelle les
loa ), le Secon (appelé Grondé aux Gonaïves, son médium), et le Kata
( Boula ou Katabo aux Gonaïves,
qui a un son aigu). Joués tous trois en position debout, ils
créent trois grandes familles de rythmes qui sont les Kongo , principalement binaires, et joués sur
des tambours à peaux de chèvre. Puis les Nago,
pour des tambours à deux peaux, frappés avec des baguettes.
Et les Dahomey, rythmes ternaires pour des tambours à peaux
de bœuf, qui sont les plus durs ( ceux qu'a choisis Atissou).
En cérémonie, le tambour suit toujours le chant lancé
par un Hougenikon* qui dans son introduction, cite un lwa, indiquant ainsi
au tanbouyé lequel des rythmes jouer. "J'ai été
initié de fait au vaudou car je voulais connaître le
jeu pour chaque lwa ". Le prestige d'un tanbouyé vodou
réside dans sa capacité à savoir faire tomber
les loa et l'atypique Atissou est mystérieusement doué
pour cela.
Des origines bourgeoises
et une culture métissée dans un pays qui l'est peu…
Origines
est le titre du dernier opus d'Adjabel et celles d'Atissou proviennent d'un papa russe
haïtianophile et d'une maman haïtienne issue de la moyenne
bourgeoisie. Atissou grandit à Petit-Goâve, dans le sud
du pays alors que le coeur de la culture tanbou est aux Gonaives, dans
un nord historiquement rebelle "où
les rythmes sont dits Fran
Ginen ( francs guinée ), c'est à dire à
100% africains et où le même africain de passage, dit retrouver
des rythmes identiques aux siens ". A l'aise dès son plus jeune âge
parmi les paysans, il ne frappe le tambour que bien plus tard à
Paris. Adolescent, ses seules velléités musicales se limitaient
à un vague souhait, non concrétisé, de jouer de
la batterie. A 15 ans, il rejoint Paris, la capitale du pays qui emprisonna
Toussaint l'Ouverture. Cette période d'exil est en fait celle
d'un deuil suivant la perte d'un oncle, Jean-René Jérôme, peintre reconnu dont les paroles sur le lit de
mort déclenchent chez lui le déclic du tanbouyé.
Dès lors, il prend - sans succès - quelques leçons
auprès de Pierre Chériza
… Pressé, il préfère apprendre sur place
à POP où il se rend et sympathise avec le Mouvman Sanmba.
Cette fois-ci, il se lance dans les rythmes qu'il entendait jouer par
les paysans lorsqu'il était gamin. Il loue des maisons, organise
des rencontres, où il observe, apprend, et joue un peu de tout,
non-stop ! Le résultat est fulgurant puisqu'en trois mois, il
est nommé Amiral, c'est à dire celui autorisé à
jouer le tanbour Manman, le plus puissant, "une progression si rapide qu'elle me surprenait
moi-même".
On n'appelle pas
un piano : un pi-pi ! Alors pourquoi tam-tam et pas tambour ?
Avec Adjabel,
c'est le saut vers l'inconnu : la création pure, avec des textes
engagés sur des rythmes noirs qui abordent pèle-mêle,
exploitation des femmes, sexualité et préjugés.
Adjabel, c'est aussi l'équilibre entre la tradition et le présent
: un présent, made in Paris qui fait de ce groupe une autre image
de la chanson française contemporaine.
( c ) Article
rédigé par Stéphane Delphin
Ecouter
:
CD Origines Créon music 2004. Distrib.Emi music CD Akoustik Resolution
Pure Son'G Prod 2001
CD Tanbou Base
Music Adjabel prod 2000
* KONPA
: La musique nationale ! Créée en 1955 par Jean-Baptiste
Nemours et toujours numéro un ( écouter CD de Tabou Combo,
Sweet Mickey, Coupé Cloué, Larose, Zenglen, entre autres
)
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