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On commémore ce mois-ci
l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Mais
observer notre planète montre que ce crime de l’homme contre
l’Homme subsiste sous des formes plus ou moins insidieuses. L'une
d'elle est l'esclavage mental qui peut être combattu en
rendant hommage aux résistances, seules clefs de l'existence,
tel le Carnaval martiniquais ou la voix de Granmoun Lélé
de La Réunion...
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Tanbou Bò Kannal : Résister
pour exister
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Tanbou Bò Kannal est en
Martinique le groupe-référence pour la musique
de carnaval, la musique de rue. C'est aussi une
association bien implantée dans son quartier, Bò Kannal,
(quartier Rive Droite Levassor), qui ne se contente pas d'exister seulement
le temps du carnaval. Avec le Tambour comme élément fédérateur
ce " band " à pied a su impulser une nouvelle
dynamique et une autre image de ce quartier populaire de Fort-de-France.
Tanbou Bò Kannal (TBK) a fait sa première apparition dans le carnaval
en 1973, une époque où peu de Martiniquais se mobilisaient
vraiment pour la transmission des traditions populaires. Le quartier
Bò Kannal a la chance de compter parmi ses habitants, des anciens
qui se sont battus pour que cette transmission se fasse. Particulièrement
le chanteur Bèlè, Victor Trèffe,
qui dès la fin des années 60 avait initié un travail
sur les personnages du carnaval tel le " papa djab " (Le
roi des Diables). Ces anciens ont aussi transmis des traditions qui
sont propres au quartier. Cette forte identité est le fruit des
luttes des gens qui y sont installés. En majorité des
pêcheurs qui ont dû se battre pour se faire respecter !
Le retour aux racines
Ce contexte a permis à des jeunes
qui s'intéressaient à leurs traditions
d'apprendre le danmyé (lutte dansée martiniquaise), la danse,
le tambour et développer leurs propres activités
culturelles. C'est le cas des frères Gerné,
Eric et
Niko,
qui sont des membres fondateurs du groupe TBK. Cette troupe
composée de tanbouyés (parfois plus d'une
vingtaine), de joueurs de Tibwa (section de bambou
frappé avec deux baguettes), de danseuses et d'une
section de cuivres a connu le succès dès ses
premières sorties. Ce fut une réponse à la
commercialisation et l'embourgeoisement du carnaval
martiniquais. Une tradition qui était en train de perdre
son âme populaire, car les comités organisateurs
voulaient en faire une attraction pour touristes. Le
succès des tambours de Bò Kannal déborde
le quartier, les gens ne voulaient plus " courir le vidé " (défilé rapide au son de
la musique) derrière un char sonorisé. Et cette
réussite, a depuis fait école, car nombre
d'autres groupes du même type ont éclôt.
L'union des générations
autour du tambour
Les habitants du quartier Bò Kannal
perçoivent positivement ce groupe qui a
médiatisé leur lieu de vie. Ils en sont
fiers et ils savent que c'est une réussite
collective. Les aînés se sont entendus avec les
plus jeunes. Pour les jeunes cela a été
l'occasion de connaître l'histoire de leur quartier,
d'intégrer une autre image de celui-ci. Pour beaucoup,
c'est un quartier dangereux. Les gens y ont une
réputation de " majò ", de durs, alors qu'en fait il y existe
une tradition de résistance aux injustices. Les
fondateurs du groupe, s'enorgueillissent d'avoir joué un
rôle dans la transmission de cette tradition de
résistance et dans la valorisation de l'image du
quartier. Autre objectif de la machine TBK, faire
connaître la culture martiniquaise lors de ses
tournées en Europe, aux Etats-Unis au Brésil et
dans toute la Caraïbe. Ces tournées sont aussi
mises à profit pour développer les contacts avec
d'autres musiciens et les habitantsNombre de membres de la
troupe n'ont pas oublié leur rencontre avec les
habitants de Tobago lors d'un festival dans ce haut lieu de
Carnaval qu'est Trinidad and Tobago. Autre moment fort dans
l'histoire du groupe, celle avec le groupe Wofa de Guinée
et un disque réalisé sur le label Buda Records
qui concrétise cet échange entre tambours
guinéens et martiniquais.
Une approche musicale et sociale
Tout comme les groupes Voukoum en Guadeloupe ou Olodum au
Brésil, Tanbou Bò Kannal ne se contente pas de
faire de la musique. A l’instar de ses pairs
célèbres à Bahia et Basse-Terre, il
développe une démarche sociale en direction des
habitants du quartier. Avec l'aide de l'esprit de
résistance, ils luttent contre des difficultés
comme les problèmes de toxicomanie ou de
chômage.
( c ) Article rédigé par Diyo Laban
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