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Gary
Legrand est d'abord artiste peintre. Depuis de nombreuses années
il expose ses œuvres en région parisienne et ailleurs…
Il a aussi une autre passion, le tambour, en particulier celui de
son pays, Haïti.
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Lorsque vous demandez á Gary Legrand quand
et comment il a commencé à jouer du tambour, c'est la
bande-son de sa mémoire d'enfance qu'il vous fait entendre.
" Petite Rivière de l'Artibonite,
Haïti, j'ai une douzaine d'années, on est à
Pâques, j'entend les bandes Rara1
qui se déchaînent. Les joueurs
de tanbou et de bambous de Plonjon, Model, Boujwa,
Siklonn - Les noms des bandes sont extraordinaires !- sont
des virtuoses et s'affrontent pour la plus grande joie de ceux qu'ils
entraînent à leur suite. Moi je ne peux pas, mes parents
veillent au grain, mais mon copain Elio, lui, les suit, yeux et oreilles
grands ouverts. Ensuite il vient tout me raconter et on refait le
Rara dans la cour de la maison. " De l'avis de Gary, le tambour c'est
l'instrument le plus naturel pour un jeune haïtien. " Tu
prends n'importe quel faitout ou bien une boite de conserve et c'est
bon, tu peux jouer à refaire les rythmes que tu as entendus
dans la rue. On avait mis au point une bonne technique pour obtenir
un son qui se rapprochait de celui des peaux. Sur nos cylindres, on
étendait du tissu avec des élastiques et ensuite on
étalait de l'argile mouillée dessus. Une fois que l'argile
avait séché le tissu rendait un son pas mal. "
Richesse
du tambour haïtien
Autre
souvenir, celui de Matino. " Un
poly-instrumentiste surdoué. Il habitait chez nous et c'est avec
lui que mes connaissances en musique racines ont vraiment évolué.
Makino était capable de vous refaire toute l'instrumentation
d'une bande Rara à lui tout seul, faisant le banbou avec
ses narines ou sa bouche, tout en reproduisant le tanbou." Après cette période où notre
tambourinaire formera son oreille, c'est à l'école
Nationale des Arts à Port-au-Prince où il étudie
la peinture dans les années 80, que toute la richesse de la tradition
rythmique haïtienne lui apparaîtra. Notamment celle des rythmes
vodou, qui changent selon les rites ou bien les régions.
" Quand on a conscience de cette diversité,
on a aussi conscience de l'étendue du savoir qu'exige le fait
de jouer du tambour. Je connais mes limites. J'accompagne des
tambourinaires bien plus expérimentés que moi, quelle
que soit la figure exécutée, mais ce n'est pas moi qui
vais dire qu'ici il faut un Rabòday ou bien un autre rythme."
Depuis son installation en France il y a quelques années,
Gary Legrand a élargi le cercle de ses expériences musicales.
Il a notamment été percussionniste de Sita
Lantaa, groupe composé de musiciens africains, européens
et caribéens.
Peinture
et tambour
Le
peintre et le percussionniste ne s'ignorent pas. " Ce
sont pour moi deux façons de
(c)
Article rédigé par Diyo Laban
1
Défilés de groupes à pieds jouant du tambour et
soufflant dans des morceaux de bambous appelés aussi Vasksin.
Gary Legrand les assimile au didgeridoo australien.
2
Dessins rituels
3
Divinités vodou
CD
Ecouter : " Femme fatale "
Sita Lantaa, autoproduction, 2000,
Voir :
Les tableaux de Gary Legrand sont visibles sur www.alliance-haiti.com
(rubrique Art)
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