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Le Bèlè est
à la Martinique ce que le Gwo Ka ou le Maloya sont à
la Guadeloupe et à La Réunion : c’est à
dire des musiques d’esclaves plus ou moins créolisées,
au fil du temps. Idem pour le Kasékò guyanais aussi
méconnu que le territoire dont il est issu, et que nous sommes
heureux de vous présenter ce mois-ci.
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MEP : EMPÊCHEUR DE DANSER EN ROND !
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De Paris, Lawonn Lavwa Bèlè
arrive avec un CD «An Chaye» qui inclut basse, claviers
et section cuivres. Du Bèlè électrique concocté
par un chanteur-batteur qui sait ce qu’il veut : Miguel Etienne
Pain alias MEP.
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Solide
gaillard de 35 ans, MEP est d’abord batteur de formation et tanbouyé
de vocation. Il a débuté à l’âge de
10 ans au Pavé, son quartier à Fort-de-France, en apprenant
sans l’aide d’un maître ou d’associations mais
avec des camarades de classes. «On frappait
sur tout ce qu’on trouvait : les murs, les chaises de l’école
et les bidons servant à transporter la morue et le cochon salé.»
On est au début des années
80…Période où la musique traditionnelle (lire syncope
n°2) connaît un regain d’intérêt en Martinique.
Autre contact avec le Bèlè : les vacances scolaires passées
à la campagne, à St Joseph où il entendra Fafanne, un grand musicien de Chouval Bwa (à l’origine
musique accompagnant les tours de manèges de chevaux de bois
poussés à bras d’homme). S’il ne pratique
pas le Danmyé (lutte dansée martiniquaise), ni la danse
Bèlè, il engrange sensations et rythmes essentiels. A
19 ans, il s’envole pour l’Alsace et des études en
électronique qu’il mènera à leur terme.
La Batterie : un tambour du froid
C’est à Mulhouse
précisément, qu’il rencontrera par hasard la batterie :
Le choc ! Une révélation à partir de laquelle
il s’investit complètement dans cet instrument. Cours
et groupes en tous genres (Konpa, Rock, Reggae, Gospel, Zouk, Soukouss).
Puis une formation classique dans un conservatoire parisien où
il apprend le solfège mélodique en sus du rythmique,
qu’il connaît déjà. Un apprentissage mis
en pratique par MEP qui compose aujourd’hui ses mélodies
au piano et papier musique! Incongrue pour du Bèlè ?
Pas pour notre homme qui assure «jouer la gamme entière sur son tanbou traditionnel.» Cet instrument, il
ne l’a retrouvé que récemment en Martinique lors
du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. «Je
participais au défilé et j’ai réalisé
en cette occasion, combien les Martiniquais se réappropriaient
leur tambour, bien avant la musique Bèlè d’ailleurs.» De là, il s’offre son premier
tanbou chez le luthier-musicien-producteur : Sully Cally. A son
retour en région parisienne, il s’inscrit directement
aux cours de Lékol Bèlè
(1) et à ceux de l’association
Boukan (2). «J’avais
déjà le Bèlè en moi, mais il fallait le
clarifier.» L’aide viendra
de Jean-Philippe Grivalliers
rencontré à Boukan, et devenu depuis, «Ze»
tanbouyé du
groupe. En 2001, toujours à la batterie, il lance la première
formule de Lawonn (trad. La Ronde). L’année suivante,
il retourne en Martinique et prend part à des swaré où il rencontre les grands noms du milieu
comme Apollon Vallade, Félix Caserus,
Clothaire Grivalliers.
Pas là pour arrondir les angles !
«Le Bèlè c’est l’art de vivre notre identité martiniquaise. Il témoigne de ce qu’on était (des esclaves) de ce qu’on est, et de ce qu’on sera.» Lui qui ambitionne d’attirer d’autres publics à la tradition vient de monter Kandilina, une société de production qu’il décrit comme un acte de marronnage économique et affirme sans détours son goût pour le business. «Nous les Antillais, sommes prisonniers de certains clichés comme celui disant qu’on doit absolument galèrer en musique traditionnelle, car on se bat contre Babylone…A l’arrière-plan, il y a ce fond judéo-chrétien insinuant que la souffrance serait bénéfique…Notre musique crèvera si l’on ne regarde pas le monde tel qu’il est aujourd’hui : C’est à dire un monde de communication !» Vous l’aurez compris. MEP se veut résolument contemporain tout en respectant la tradition. Une démarche difficile car les gardiens du temple sont là, qui veillent…Bonne chance à lui dans cette entreprise où les obstacles ne seront pas là où l’on pourrait le croire !
(1) Lékol
Bèlè Salle Marceau. 20,
rue Marceau 92 Vanves tous les samedis de 18h00 à 21h30
(c) Article rédigé par Stéphane Delphin
En concert le samedi 22 janvier à 21h00 au
Canal Opus 167, Quai de Valmy Paris 10
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