![]() |
![]() |
||||||||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
Pulsation du monde vivant,
le tambour nous délivre un message tantôt d’amour,
tantôt guerrier, parfois pratique ou bien mystique. Qu’il
soit traditionnel ou mutant, il résonne sous toutes les latitudes
et s’acclimate des cultures qui l’entourent, les influençant
au passage. Il bat à l’unisson du cœur humain qu’il
mime et accompagne. Syncope veut rassembler la fraternité du
monde du tambour.
Pour fermer le cercle et poursuivre le dialogue...
|
![]() |
||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
PETRONA MARTINEZ : TAMBOUR
AU FEMININ
La reine du Bullerengue (Colombie)
|
![]() |
||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
Mieux vaudrait ne pas manquer
les concerts fin mars de Petrona Martinez dans le cadre du Festival
de l’Imaginaire ! Cette grande dame est devenue l’emblème
vivant du Bullerengue, tradition afro-colombienne de la côte
Caraïbes. Après deux passages confidentiels à Marseille
l’an dernier, elle foulera pour la toute première fois
une scène de la région parisienne.
Ecouter : El Gavilan et Un Nino Que Llora En Los Montes De Maria (ext. CD "Le Bullerengue" Ocora Radio France)
Le Bullerengue est un chant exclusivement féminin,
dialoguant avec deux tambours nommés les Llamador
et l’Alegre. Initialement il n’était chanté que
par des filles-mères ou des femmes concubines indésirables
lors de certaines festivités religieuses et bals populaires.
A l’écart telle une confrérie, elles se réunissaient
dans une maison chantant et tapant des mains. Quant à la présence
des hommes - seuls habilités à jouer du tambour - elle
se limitait aux tanbouyé. Côté danses, les massages
du bas-ventre et de la poitrine que miment les Bullerengueras rendent
hommage à la fertilité de ces femmes devenues «incorrectes»
le temps de certaines fêtes.Traditionnellement, les bullerengueras avaient aussi pour rôle d’accompagner
certains rites funéraires, notamment lors des veillées
funèbres. Aujourd’hui la pratique du Bullerengue n’est
plus reliée au calendrier religieux.
Bien que de plus en plus populaire,
on ne peut associer son succès à de meilleures conditions
de vie pour ses héritiers. Ainsi il n’y a qu’à
voir le dénuement de Palenquito,
le village de Petrona Martinez situé à moins d’une
heure de Carthagène. Palenquito, qui est si proche de la culture
noire Palenque dont l’épicentre San
Basilio est loué aujourd’hui pour son histoire
de résistance à l’esclavage, et pour son aptitude
à avoir conservé vivants une langue et des rites africains.
A l’heure actuelle, Palenquito, c’est un village où
hommes, femmes et enfants vivent du sable, qu’ils extraient
à la pelle du lit de la rivière! Des mètres cubes
de sable arrachés à l’eau qui trônent devant
les maisons...
Ceci est le quotidien de Petrona
Martinez depuis plus de vingt ans.... Un travail rude pendant lequel,
entourée des siens, Petrona pouvait fredonner des mélodies
apprises de mère en fille, et en inventer de nouvelles....Ses
ascendantes, grand-mère et même arrière-grand-mère
furent elles-mêmes des bullerengueras renommées, en un
temps où cette tradition n’était pas encore un
spectacle. C’est donc tout naturellement qu’elle chante
le Bullerengue en famille, accompagnée de Joselina sa fille,
aux chœurs, et Alvaro le fils cadet, au tambour alegre. Au fil du temps, a bien sûr été
remplacé Luis, le tanbouyé de cœur, fils ainé
assassiné à Carthagène par des voleurs...Un long
deuil, une pause dans les enregistrements, avant de revenir avec un
nouvel opus1 ancré
dans la tradition sans y être figé.
Aux côtés de titres du plus authentique Bullerengue,« Bonita que Canta » est un album qui propose d’autres styles musicaux comme Le Fandango2, la Chalupa ou la Puya qui eux, ajoutent d’autres instruments comme la Tambora (tambour à deuxpeaux frappé avec des baguettes) et le Guache qui n’est autre qu’un grattoir métallique. A 65 ans, l’envol de Petrona pourrait prendre une direction que l’on ne soupçonne pas tant sa personnalité et son art risquent d’en surprendre plus d’un! Preuve que, même si la maison est en torchis, même si la violence arrache un fils «La Vida Vale la Pena» comme elle le chante.
(c) Article rédigé par
Stéphane Delphin
(1) CD « Bonito que canta»
MTM - YARDHIGH 2002.
(2) Bal populaires, paysans. En concert au mois de mars les 26, 27 à 20h30, le 28 à 17h00 |
![]() |
||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |