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Une
tradition figée, c'est comme l'eau qui dort, elle croupit
et ennuie. Continuer l'oeuvre des anciens, des maitres, veut dire
fidelité à son esprit, mais pas copie de celle ci.
Comme toute entreprise ardue, la voie est étroite et il y
a peu d'élus. Témoignage d'un héritier. ..C’est
sur Syncope et nul part ailleurs…!
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URBAIN
PHILéAS : AU NOM DU PèRE ET DE LA TRADiTION
SUITE
ET VIDEOS MAI 2010 ICI
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A
l’annonce de la mort d'Haïle Selassie, les Rastas proclamaient
que leur Dieu était toujours vivant et qu’il ne pouvait
mourir (1). Avec Granmoun Lélé,
si l’on est adepte, on peut y songer même si la comparaison
s’arrète là. Et interviewer l’un de ses
fils, Urbain (une première sur le web !!!) quelques mois après
le départ de Granmoun, c’est sentir que le «maloya
Lélé» ne pourra disparaitre tant il était
puissant et que « Lo Boss » lui-même, avait préparé
sa transmission. Chanteur et tanbouyé hors pair (Roulér),
Urbain, 32 ans, passe actuellement des étapes initiatiques
(déjà deux CD) qui le feront passer du statut de «
fils de » à celui d’artiste contemporain porteur
d’une tradition. Dousman (2)
comme scandait Granmoun !
Il y a sept mois que Granmoun est parti, qu'aviez-vous organisé à cette occasion ?
On a fait deux servis Kabaré
: l'un huit jours après sa mort, qui a duré de 9 à
21h00, pour préparer son départ. Puis un deuxième,
40 jours après, de 9h00 à 6h00 du matin où
là, c'était le moment où il montait au ciel
et allait faire partie des ancêtres. C'est Maman qui dirigeait
la cérémonie par des prières pour amadouer
les ancêtres, pour qu'ils l'acceptent. C'est elle qui découpait
les animaux. Moi, je l'assistais. Je suis aussi Ombiasy
(ndlr : terme malgache désignant littéralement la
" personne aux grandes vertus ". C'est un guerisseur,
un sorcier qui connaît les plantes. C'est lui qui fait les
divinations, et doit jeûner - pas de viande, pas de relations
sexuelles les huit jours précédant la cérémonie.
Il s'occupe en temps normal des rêmèdes pour guérir
les gens).
Ton père
vivait “ Maloya ” ?
Tous les jours, en rentrant du travail, il jouait. Lorsqu'il avait une inspiration, il pouvait nous réveiller à n'importe quelle heure : " Levez-vous, j'ai une nouvelle composition ! " et on démarrait qu' il soit 23h ou minuit…. Jouer le faisait aussi rejeter la fatigue. Je me souviens d'une fois où durant 8 jours, il partait jouer direct toute la nuit après sa journée de travail. Malgré
les générations, ta famille et toi-même êtes
restés très liés à Madagascar ?
Le grand-père
de maman était malgache, un Antandroy (peuple
du Sud de Madagascar). Il est venu à La Réunion du temps
de l'engagisme, pensant y faire fortune... Elle s'appele Vautréa
mais son vrai nom, c'était Votia. Ca a été transformé
ensuite à La Réunion. Maman comprend le Malgache, et
la maman de Papa était elle aussi d'origine malgache. De mon
côté, c'est un copain qui m'a appris la langue lorsque
j'étais au service militaire. Je le comprends et le parle quand
ça va pas trop vite. ( ndlr : dans son deuxième album,
il chante plusieurs titres en malgache et revêt le lamba traditionnel
). Maman et ma sœur Sonia se sont rendus à Fort Dauphin
le 11 mai 2005 pour un hommage à Granmoun. Papa avait déjà
été invité à s'y rendre mais n'avait pu
y aller. Le maire a érigé une stèle et organisé
une cérémonie malgache avec sacrifice de Zébu.
Oui, deux fois.
On a joué à Tana. J'avais l'impression de faire le voyage
pour Grand-Père.
La troupe Lélé
remonte déjà sur scène ?
On prépare
le cinquième album qu'on va enregister prochainement ( vers
septembre ). On avait déjà joué le 20 Décembre
dernier au Barachois à St Denis. C'est mon frère Willy
et Maman qui avaient chanté ce soir-là. Là on
vient de faire le festival de St Leu. Dans le nouvel album, il y a
aura des reprises et de nouveaux morceaux. C'est produit par
Marabi le label de Christian Mousset.
Et toi après deux albums,
tu en es où ?
Je prépare le troisième.On
est prêt à enregistrer. Le premier " Lo Flanbo " (voir
photo) c'était pour se faire plaisir.. Avec " Dé
langaz Maloya ", j'ai pensé à mes musiciens.
C'est un album plus technique. Je devais aller en studio en novembre
dernier mais tu sais ce qui s'est passé…Le nouvel album
sera plus un maloya pleuré, avec des morceaux enchainés
comme ça se faisait avant…Il sera plus Kabaré
(rituel).
Des précisions
?
En servis kabaré,
tu as le maloya pleuré et le maloya esprit . Pleuré
ça me permet d'exprimer des émotions comme la tristesse
car c'est plus lent. Dans le maloya esprit, le ryhme est très
speed car on appelle l'Esprit et c'est bon aussi pour exprimer des
sentiments comme la joie ou la colère.
Et les Langaz
, puisque ton deuxième album se nomme " Dé Langaz
Maloya " (deux langages maloya) ?
Dans notre musique,
on a le créole et les " langaz ". Commme dans le
maloya de Papa, qui chantait beaucoup en " langaz ", c'est
à dire en malgache, en comorien ou en "africain".
Sa grand-mère était elle aussi, africaine. Pour être
sûr de ses paroles "langaz", il allait toujours
vérifier et demandait à des Comoriens et des Malgaches
ce que ça voulait dire.…
Comment ca se passait
à Bras Fusil ? (Le quartier de Saint-Benoît où
vit toujours Urbain). On m'a laissé entendre qu'il a fallu
du temps avant que le talent familial soit reconnu ?
Bon, jusqu'en
1982, 1983, les gens n'aimaient pas trop ça. Y avait 5, 6 personnes
qui venaient. Pour être reconnu, il a fallu qu’on
joue à l'extérieur. C'est à notre retour d'Angoulême
(lire syncope n°12), que les gens ont commencé à
aimer le Maloya de Papa; mais on a gardé la tête froide.
C’est Christian Baptisto qui t’a permis d’enregistrer ton premier CD ? Oui, plus jeune
il m’avait lancé : “ toi, un de ces jours, je
veux te voir sur scène et je te produirai “ et
il a tenu parole (voir discographie).
( c ) Propos recueillis par Stéphane Delphin (1) Morceau “Jah Live
“ de Bob Marley
(2) Dousman : dans la bouche de Lélé Dousman
(doucement) voulait dire au contraire : accelère le rythme, le tempo ! Cette inversion de sens est peut-être
le signe d'un " maronnage lexical “ suite à la censure
plus ou moins sévère qui s'exerçait sur le Maloya
?
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